Fam Tanbour : des cercles de femmes autour de la voix et du rythme des tambours

Depuis quelques mois, des cercles de femmes se réunissent à travers l’île pour vibrer aux sons des ravannes. Qui sont-elles ? D’où viennent-elles ? Mais surtout qui est la femme à l’origine de ces cercles ? Et pourquoi avoir choisi la ravanne comme instrument ?

Le premier cercle

C’est le 17 septembre, je suis en route pour aller assister au premier cercle Fam Tanbour (femme en créole … et Tambour) qu’organise chez elle Sarasvati Mallac – artiste, compositrice, musicienne, chanteuse émérite du groupe Patyatann. Je suis accueillie chaleureusement par la maîtresse des lieux et d’autres femmes que je connais ou que je rencontre ce soir. Avant de commencer, on se délecte d’infusions à base de plantes locales fraîches, on se met à l’aise, on discute.

La session commence par des exercices pour échauffer le corps et la voix. Et pour se mettre en confiance … c’est nouveau ! Pas besoin de savoir chanter. Il suffit juste de faire confiance à l’harmonie qui se crée, naturellement. On se laisse entrainer, porter par nos voix, ensemble. C’est magique et vibrant. La puissance de l’unisson des voix de toutes ces femmes autour de moi qui s’allient à la mienne me remplissent d’émotions, oui, je pleure.

On enchaîne ensuite avec les ravannes. On les fait résonner à l’aide d’un bâton de tambour. Au fur et à mesure on se laisse aller, on s’écoute, la synergie des vibrations s’accentue de plus en plus, on ne fait qu’un, on donne, on reçoit, on communique, on partage. Un total lâcher-prise. Ce moment est intense lui aussi.

Je n’ai jamais autant chéri ma féminité qu’à cet instant. Femme libre et puissante qui s’accepte telle qu’elle est et qui ose s’exprimer sans aucune retenue, parce que je me suis sentie en sécurité et comprise dans ce cercle.

Je suis reconnaissante d’avoir pu vivre cette expérience.

La femme derrière le tambour

Cela fait plusieurs années que Sarasvati excelle dans le milieu artistique musical avec le groupe Patyatann.

La musique est pour elle une passion, et une source de bien-être. C’est un exutoire qui lui permet de se réaligner, se reconnecter, se nourrir. L’artiste m’a avoué que, même si depuis huit ans elle adore faire de la performance sur scène avec son groupe, ce qu’elle préfère le plus ce sont les jams (séances musicales improvisées – un “boeuf” en français) :
Les jams, c’est la liberté totale. Tu n’es plus en train de réfléchir à qui tu es, ce que tu fais, comment tu le fais… Tu es juste en train de produire, en fait. C’est là où je me sens aussi le plus connectée. Je vis l’instant présent. Contrairement à la performance sur scène où il faut plus de concentration, pour pouvoir reproduire plusieurs fois les mêmes morceaux.”

D’ailleurs, c’est ce sentiment de liberté qui a incité Sarasvati à faire des ateliers de “lâcher prise à travers les rythmes et les sons de la ravanne” avec Norbert Planel, il y a deux ans. Elle voulait transmettre aux participants le bien-être qu’elle ressent lors des jams, mais aussi enlever cette idée préconçue que la musique n’est réservée qu’aux professionnels qui se produisent sur scène. Tout le monde peut retrouver ainsi la capacité de pouvoir vibrer à travers la musique, qui est avant tout un moyen d’expression, avant d’être une performance.

En parallèle, elle suit une formation en Sound Therapy pour approfondir ses connaissances sur le sujet et a obtenu son diplôme l’an dernier :
Je trouve ça génial, qu’on puisse réussir à guérir les gens à travers le son.”

Cercle de femmes

L’idée de faire des ateliers destinés uniquement à des femmes lui vient un jour après avoir animé un cercle de rythmes et sons avec des ravannes lors d’un enterrement de vie de jeune fille. En sortant de là, elle s’est dit
Waow, c’était quoi cette énergie-là ? Ultra forte, ultra ressourçante. Est-ce que ce sont les filles présentes qui avaient fait ça ? D’où ça venait ?

Ça qui l’a stimulée à se replonger dans le livre Femme Tambour de Layne Redmond – percussionniste de renom, mythologue, écrivaine, enseignante et historienne. Ce best-seller raconte à travers ses recherches (sur des découvertes archéologiques et anthropologiques), l’histoire oubliée de la spiritualité des femmes qui vibraient aux rythmes sacrés des tambours à cadre dans différentes cultures du monde entier et à plusieurs époques.
Les femmes ont été les premières à jouer du tambour à cadre, souligne Sarasvati. Cela a été oublié dans notre histoire au fil du temps. Aujourd’hui on considère que c’est un instrument plus masculin et qu’il faut de la force physique pour en jouer, alors que ce n’est pas le cas. À Maurice notamment, peu d’entre elles le pratiquent. D’où ma volonté d’initier ces ateliers de Fam Tambour afin de connecter plus de femmes à notre tambour traditionnel mauricien. De plus, je voulais aussi qu’elles aient un espace pour s’exprimer librement.

Depuis, les cercles de Fam Tambour cartonnent et Sarasvati en propose à travers l’île pour qu’un maximum de femmes de tous horizons, âges et cultures puissent profiter de cette expérience…

Mélanie

Mon grain de sel 😉

Après avoir lu l’article de Mélanie, je n’ai pas pu résister à l’appel du tambour et à l’énergie merveilleuse, douce et centrée de Sarasvati !
Ces soirées sont exceptionnelles.
J’ai vécu une soirée Fam Tanbour, une nuit de pleine lune : « Blue Moon session », le 31 octobre. Soir de la fête celtique de Samhain (l’ancêtre de la version commerciale qu’est devenu Halloween), veille de la Toussaint. À cette date, la frontière entre les mondes visibles et subtils est censée être la plus perméable. Une date magique, une occasion unique de vivre cette expérience, d’autant plus que j’animais le stage “Alignement et Reliance”.
Nous avons donc retrouvé Sarasvati, les participantes du stage et moi, sur la plage de La Preneuse. Alors oui, je confirme le ressenti de Mélanie. La magie du moment. La mélodie issue de l’harmonie des voix, la puissance du rythme des ravannes. Nous étions connectées, reliées. Et c’était délicieux.
Le ressenti de Sarasvati sur cette soirée :
« Une soirée mystique, inoubliable ! Baignées dans l’énergie très puissante d’une Lune bleue, entre le feu et la mer, les pieds ancrés dans le sable… Nous avons même pu apercevoir un magnifique arc-en-ciel lunaire, des étoiles filantes ! Tout était comme aligné, pour rendre cette rare soirée de deuxième pleine lune d’Octobre, très spéciale. »

Tellement fort que j’ai proposé à Sarasvati d’organiser une session chez moi, sur la montagne, à Tamarin. Une soirée de nouvelle lune cette fois, le 14 novembre, veille de Divali, la fête des lumières, où nous avons pu être transportées, de nouveau.

cercle de femmes ile Maurice

Lavwa Tanbour

Depuis ces premières expériences, Sarasvati, forte du succès rencontré, a élargi son audience : elle propose dorénavant des sessions ouvertes à tous.
Elle permet ainsi à tous de pouvoir profiter des bienfaits thérapeutiques des vibrations et du son, et de cette sensation puissante de connexion à soi et aux autres.

Si l’expérience vous attire, vous pouvez trouver des informations sur les prochains ateliers proposés par Sarasvati, sur son site internet : lavwatanbour.

Enjoy, et n’hésitez pas à partager et commenter 😉

Pascale

 

Crédits photo : Sarasvati et pascale.dp

12 réponses

  1. Wow, ton récit transporte. Je me voyais sur la plage, sous la pleine lune, au son du tambour. Je viens d’apprendre que la nuit peut aussi être égayée d’arc en ciel. Merci pour ce partage magique qui donne plus qu’envie de participer à un tel cercle.

    1. Merci Vero ! Sincèrement, c’était aussi mon premier arc-en-ciel nocturne (merci la pleine lune!), et je ne savais pas non plus que ça existait avant de le voir. Je regrette que mon appareil photo n’ai pas été assez performant pour l’immortaliser !

      1. Je te comprends pour l’appareil photo, mais en même un super appareil n’aurait surement pas pu restituer l’ambiance que tu décris. Les mots sont parfois bien plus précis. En tout cas, bien hâte de suivre tes autres partages.

        1. Oui, ton observation est juste ! Et merci de me stimuler à continuer à partager ce qui me fait vibrer …

  2. Pascale ton article est superbe et cela me donne envie de participer à une de ces séances de tambour. J’ai eu l’occasion de le faire au travers d’un exercice de Batucada qui provient de la rythmique de la samba brésilienne. Nous étions un groupe d’une vingtaine de personnes ne sachant pas jouer de la musique et encore moins des instruments de percussion … mais trés naturellement nous avons pris le rythme et ensemble par un effet presque magique, le son et les vibrations nous ont transportées hors de notre espace physique pour rejoindre une dimension presque spirituelle. Merci pour ton article qui m’a replongé de cet instant « surréaliste ».

    1. Merci Eric pour ton retour 😉
      C’est exactement ça ! la synchronisation du rythme est naturelle et nous plonge dans un ailleurs vertigineux !
      Pour participer … et bien, welcome à Maurice à l’occasion 😉

  3. Je crois que j’ai frissonné de plaisir en lisant tes lignes tellement je me visualisais avec vous. Quel magnifique article ! 😊

    1. Merci Gaëlle, Heureuse que nous ayons trouvé Mélanie et moi les mots pour vous faire vibrer à distance 😉

  4. Bonjour Pascale, merci pour ce partage qui nous fait un peu voyager. J’ai expérimenté, séparément, la puissance du cercle de femmes et l’émotion du chant (je suis dans une chorale) et je ne peux qu’imaginer la force d’une expérience qui allie les deux. À garder précieusement en tête si un jour la vie me ramène en voyage sur cette belle île ! À bientôt

    1. Bonjour Laura, merci pour ton partage. Je serais heureuse de t’accueillir à Maurice : on y vit de belles expériences !

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